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François

2 years ago

in Les journalistes (politiques) doivent-ils faire leur coming out ? on Blogging The News
Je vois qu'effectivement, demander aux journalistes de révéler leur orientation politique se heurterait à certaines difficultés... ;-)

Par contre, contrairement à que tu sembles penser, si chaque journal se définissait une ligne politique claire et la suivait, je suis convaincu que cela augmenterait son lectorat, et pas l'inverse. Je pense que le public, sachant à quoi s'en tenir, multiplierait les points de vue et les sources d'information. L'idée selon laquelle la diversité des journalistes au sein d'une rédaction en assurait la neutralité (principe de la RTBF) est dépassée: c'est la multiplicité des points de vue et des médias qui assure désormais la neutralité de l'information. Je ne crois pas à l'idée selon laquelle les gens liraient le journal le plus proche de leurs opinions. Moi qui suis plutôt de gauche, je lis de préférence les journaux de droite...

Et pour prendre deux exemples récents: aux USA, FOX News a bâti tout son succès en revendiquant une information 'de droite', en opposition à l'information 'de gauche' présentée par CNN... 'The Economist' a construit son phénoménal succès (plus d'un million d'exemplaires chaque semaine, pour un magazine ardu et hors de prix!) en définissant une ligne politique très claire et collective (aucun article n'est signé), et en la suivant. Je doute que tous les lecteurs de 'The Economist' partagent l'avis de la revue - tous, par contre, sont curieux de savoir ce que la revue pense des grands sujets du moment...

2 years ago

in Les journalistes (politiques) doivent-ils faire leur coming out ? on Blogging The News
Je vois qu'effectivement, demander aux journalistes de révéler leur orientation politique se heurterait à certaines difficultés... ;-)

Par contre, contrairement à que tu sembles penser, si chaque journal se définissait une ligne politique claire et la suivait, je suis convaincu que cela augmenterait son lectorat, et pas l'inverse. Je pense que le public, sachant à quoi s'en tenir, multiplierait les points de vue et les sources d'information. L'idée selon laquelle la diversité des journalistes au sein d'une rédaction en assurait la neutralité (principe de la RTBF) est dépassée: c'est la multiplicité des points de vue et des médias qui assure désormais la neutralité de l'information. Je ne crois pas à l'idée selon laquelle les gens liraient le journal le plus proche de leurs opinions. Moi qui suis plutôt de gauche, je lis de préférence les journaux de droite...

Et pour prendre deux exemples récents: aux USA, FOX News a bâti tout son succès en revendiquant une information 'de droite', en opposition à l'information 'de gauche' présentée par CNN... 'The Economist' a construit son phénoménal succès (plus d'un million d'exemplaires chaque semaine, pour un magazine ardu et hors de prix!) en définissant une ligne politique très claire et collective (aucun article n'est signé), et en la suivant. Je doute que tous les lecteurs de 'The Economist' partagent l'avis de la revue - tous, par contre, sont curieux de savoir ce que la revue pense des grands sujets du moment...

2 years ago

in Les journalistes (politiques) doivent-ils faire leur coming out ? on Blogging The News
Duhamel a été suspendu pour une mauvaise raison. Le vrai problème, c'est qu'il a reconnu par la suite, en réaction à sa suspension, qu'il ignorait totalement ce qu'étaient (et comment fonctionnaient) des sites comme YouTube et DailyMotion. Vu l'importance de ces médias dans la campagne présidentielle, pour un commentateur politique de premier plan, c'est une faute professionnelle grave, qui mérite à mon avis une mise à pied.

Sur le fond, je pense que, oui, le public a le droit de savoir quelle est l'orientation politique des journalistes. La multiplicité des médias permet la diversification des points de vue, et il est absurde d'imaginer que les journalistes soient politiquement 'asexués'. Au contraire, ne pas le dire entretient le doute, la rumeur, le soupçon...

Ainsi, que doit penser le téléspectateur en apprenant qu'un commentateur politique de premier plan (comme Alain Gerlache) passe au service du premier ministre, ou que d'autres journalistes (comme Erik Silance) deviennent porte-parole de minsitres ? Qu'un présentateur-vedette du JT (comme Jacques Bredael), une fois retraité, se présente sur les listes du PS ? Quand il apprend par la bande que François De Brigode est socialiste, tandis que Fabienne Vandemeersche est libérale ?

Que doit penser le lecteur du Soir quand il apprend que le chef de son service politique (David Coppi) est l'ancien chef de cabinet de Philippe Busquin, ou qu'une de ses principales journalistes politiques (Bénédicte Vaes) est l'épouse de Claude Demelenne, qui signe des papiers dithyrambiques sur Di Rupo dans Le Monde ? Que doit penser le lecteur de La Libre quand il apprend que le nouveau supplément de son journal, Liège-Eco, est dirigé par l'attaché de presse de Frédéric Daerden ?

Tout ceci alimente la rumeur que la RTBF est dirigée depuis le Boulevard de l'Empereur, que Le Soir roule pour le PS, et franchement, ne sert ni les intérêts de la presse, ni ceux des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. Publier une information claire sur les orientations politiques des journalistes donnerait au contraire une clé supplémentaire de décodage de l'information, et ferait taire les rumeurs.

C'est toutefois une solution illusoire : on peut difficilement imaginer que tous les journalistes dévoilent ainsi leur orientation politique (quelle est la vôtre, au fait, Damien Van Achter ?). Et quid des journalistes qui votent FN ? Par contre, on pourrait imaginer que les journaux annoncent, au début de la campagne électorale, quel(s) candidat(s) ou parti(s) ils soutiennent. Le 'New York Times' (et la plupart des journaux américains), ainsi que 'The Economist' annoncent, dans un éditorial, quel(s) candidat(s) ils vont soutenir avant chaque élection. Je ne pense pas que ça leur ait coûté un seul lecteur, ni une once d'estime ou de réputation. Au contraire.

2 years ago

in Les journalistes (politiques) doivent-ils faire leur coming out ? on Blogging The News
Duhamel a été suspendu pour une mauvaise raison. Le vrai problème, c'est qu'il a reconnu par la suite, en réaction à sa suspension, qu'il ignorait totalement ce qu'étaient (et comment fonctionnaient) des sites comme YouTube et DailyMotion. Vu l'importance de ces médias dans la campagne présidentielle, pour un commentateur politique de premier plan, c'est une faute professionnelle grave, qui mérite à mon avis une mise à pied.

Sur le fond, je pense que, oui, le public a le droit de savoir quelle est l'orientation politique des journalistes. La multiplicité des médias permet la diversification des points de vue, et il est absurde d'imaginer que les journalistes soient politiquement 'asexués'. Au contraire, ne pas le dire entretient le doute, la rumeur, le soupçon...

Ainsi, que doit penser le téléspectateur en apprenant qu'un commentateur politique de premier plan (comme Alain Gerlache) passe au service du premier ministre, ou que d'autres journalistes (comme Erik Silance) deviennent porte-parole de minsitres ? Qu'un présentateur-vedette du JT (comme Jacques Bredael), une fois retraité, se présente sur les listes du PS ? Quand il apprend par la bande que François De Brigode est socialiste, tandis que Fabienne Vandemeersche est libérale ?

Que doit penser le lecteur du Soir quand il apprend que le chef de son service politique (David Coppi) est l'ancien chef de cabinet de Philippe Busquin, ou qu'une de ses principales journalistes politiques (Bénédicte Vaes) est l'épouse de Claude Demelenne, qui signe des papiers dithyrambiques sur Di Rupo dans Le Monde ? Que doit penser le lecteur de La Libre quand il apprend que le nouveau supplément de son journal, Liège-Eco, est dirigé par l'attaché de presse de Frédéric Daerden ?

Tout ceci alimente la rumeur que la RTBF est dirigée depuis le Boulevard de l'Empereur, que Le Soir roule pour le PS, et franchement, ne sert ni les intérêts de la presse, ni ceux des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. Publier une information claire sur les orientations politiques des journalistes donnerait au contraire une clé supplémentaire de décodage de l'information, et ferait taire les rumeurs.

C'est toutefois une solution illusoire : on peut difficilement imaginer que tous les journalistes dévoilent ainsi leur orientation politique (quelle est la vôtre, au fait, Damien Van Achter ?). Et quid des journalistes qui votent FN ? Par contre, on pourrait imaginer que les journaux annoncent, au début de la campagne électorale, quel(s) candidat(s) ou parti(s) ils soutiennent. Le 'New York Times' (et la plupart des journaux américains), ainsi que 'The Economist' annoncent, dans un éditorial, quel(s) candidat(s) ils vont soutenir avant chaque élection. Je ne pense pas que ça leur ait coûté un seul lecteur, ni une once d'estime ou de réputation. Au contraire.
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