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Curmudgeon • il y a 6 années

Indépendamment de sa vie privée, ce qui importe chez Hollande, c'est sa doctrine. Car il en a une. Elle a été exposée dans son discours du Bourget, le 22 janvier 2012.

Avant d'en pénétrer les arcanes, il faut se rappeler que, pour François Hollande, l'individu n'a pas d'âme. Du moins c'est, sauf erreur, ce qu'il faut inférer de son affirmation que la mort est une néantisation. Mais si l'individu n'a pas d'âme, les nations, elles, grâce à un privilège spécial dont l'Origine ne nous a pas été dévoilée, en ont une : "Chaque nation a une âme".

Chacune de ces âmes nationales est pourvue de caractéristiques précises. Pour la France, voici : "L’âme de la France, c’est l’égalité."

Cette âme nationale se manifeste dans l'histoire de la France, lors d'Epiphanies solennelles et régulières. Cette histoire commence très exactement le 4 août 1789. On peut donc conjecturer que c'est aux alentours de cette date que la France a fait l'acquisition de son âme : "C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789."

Après, c'est une véritable épopée de l'âme nationale : "C’est pour l’égalité que le peuple s’est soulevé en juin 1848. C’est pour l’égalité que la IIIe République a instauré l’école obligatoire et l’impôt citoyen sur le revenu. C’est pour l’égalité que le Front populaire a œuvré en 1936. C’est pour l’égalité que le gouvernement du général de Gaulle a institué la sécurité sociale en 1945. C’est pour l’égalité que François Mitterrand a été élu en 1981. C’est pour l’égalité que nous avons fait, avec Lionel Jospin, la couverture maladie universelle et l’allocation personnelle à l’autonomie. C’est pour l’égalité que nous aurons aussi à combattre et à proposer aux Français le changement."

Comme on l'observe, l'âme de la France manifeste son existence tantôt par des soulèvements populaires, tantôt, et c'est la tendance depuis la fin du XIXe siècle, par des décisions de la "République", du "gouvernement", de "François Mitterrand", qui communient directement avec cette âme. C'est une amélioration technique considérable par rapport à la monarchie de droit divin. Cette communion mystique s'exprime dans les détails les plus touchants, comme "l'impôt citoyen" sur le revenu. Que l'âme d'une nation se manifeste dans sa fiscalité, n'est-ce pas la beauté de l'évidence ?

Suit un long développement sur le thème obsessionnel de l'"égalité, toujours l'égalité". On y trouve ceci : "L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi."

C'est ainsi qu'on rejoint directement la pensée de M. Vazquez, le fougueux Andalou dont je vous ai entretenu : "Avant de renoncer à l'égalité, je préfère brûler en Enfer (si l'Enfer existe)". Toute espèce de décision des sommités qui nous gouvernent est prise au nom de l'égalité, sur laquelle il est oiseux de s'interroger. De plus, comme l'indique l'image religieuse de M. Vazquez, et comme l'indique l'emploi du mot "âme" par M. Hollande, nous sommes dans le sacré, ou pour le moins dans la métaphysique. Le devoir est tracé. Seuls de mauvais Français (ou de torves Andalous) s'y déroberaient.

Les Saintes Ecritures sont ici :

http://tempsreel.nouvelobs....

Robert Marchenoir • il y a 6 années

"L’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation."

Euh... son orientation ? Plutôt vers la droite ou plutôt vers la gauche ?

Robert Marchenoir • il y a 6 années

Vous faites bien d'indiquer ce texte ahurissant. On n'écoute pas assez François Hollande.

L’égalité, l’égalité encore, c’est le même accès pour tous à l’eau, au chauffage, à l’électricité. Il n’est pas, quand même, normal qu’une famille modeste paie l’eau au même prix, quand elle boit cette eau, que ceux qui la déversent sans compter !

Ah bon ? Moi je trouve, au contraire, que ceux qui en consomment davantage devraient la payer moins cher, comme cela se fait spontanément sur tous les marchés, d'un commun accord entre acheteur et vendeur, en général.

On apprend ici que les pauvres se contentent de boire l'eau et ne se lavent pas, tandis que ceux qui prennent des douches la "déversent sans compter", ce qui est mal, bien entendu.

François Hollande fait l'éloge de la saleté et stigmatise ceux qui se lavent. Pas étonnant que ça pue, en Frônce.

fboizard • il y a 6 années

"On n'écoute pas assez François Hollande"

D'accord. Contrairement à la fausse image propagée par des médias complices, François Hollande n'est pas un pragmatique, c'est un dogmatique.

Il faut donc l'écouter quand il expose sa doctrine car il la mettra en pratique.

pi31416 • il y a 6 années

"Cette histoire commence très exactement le 4 août 1789."

Oui, je me souviens. On apprenait ça à l'école primaire. La nuit de l'abolition des z'acquis (mais ils appelaient ça autrement). Depuis, il y a plein de nouveau z'acquis à abolir. Y'a du pain sur la planche!

Curmudgeon • il y a 6 années

Que l'égalité soit l'âme de la France, c'est ce que d'autres ont perçu clairement. L'argument par l'égalité est d'une telle force qu'émettre les moindres interrogations, c'est blesser l'âme de la France.

Un étudiant à l'Institut Européen de Journalisme, Paris : "Où est l’égalité si un hétérosexuel à droit à au maire de sa ville alors qu’un homosexuel devrait se contenter d’un adjoint pour s’unir ?" Ce futur journaliste est outré par la bourde énorme de M. Hollande sur un possible exercice de la liberté de conscience par les maires (heureusement il s'est vite repris). "Depuis, les mots «liberté de conscience» sont sortis de la bouche de François Hollande. On s’est engouffré dans la brèche. La liberté de conscience permettrait à qui le souhaite, selon ses convictions, de ne pas respecter les lois de la République.[...] Dire que des maires, simplement par ce qu’ils ne sont pas d’accord en leur for intérieur avec cette loi, peuvent aller à l’encontre du vote des français, est un non sens." Ce brillant étudiant explique que la liberté de conscience est justement ce qu'invoquent les "groupes d'extrême droite" et les "racistes". "La liberté de conscience est une manière déguisée de faire accepter tout et n’importe quoi. [...] Comment François Hollande peut-il donc citer cette liberté de conscience, donnant aux maires le droit de ne pas respecter la loi?"

La loi, c'est ce qu'une majorité vote, et la loi est suprême. C'est d'ailleurs la loi "de la République", ce qui suffit comme argument. Devant l'auguste majesté de cette loi, que vaut la conscience, je vous le demande ?

Variante émouvante, avec évocation des pauvres petits enfants. Mmes Elisabeth Badinter et Irène Théry, dans un plaidoyer pour une Gestation pour Autrui "éthique" : "Nous demandons que la filiation des enfants nés par GPA à l'étranger soit légalement reconnue. [...] Aujourd'hui, ces enfants sont les petits fantômes de notre République alors que leurs parents sont français. Combien de temps va-t-on continuer à refuser l'état civil à certains enfants à cause de leur origine procréative ? La France ne saurait accorder plus ou moins de droits à un enfant en fonction de son mode de conception".

http://www.newsring.fr/soci...

http://tempsreel.nouvelobs....

lapin malade • il y a 6 années

c'est vrai qu'on lui a reproché de ne pas savoir prendre de décision , mais je n'y avait pas pensé , ça commence là : même pas capable de s'engager vis à vis de la mère de ses enfants

vxlv • il y a 6 années

Et en plus goujat au dernier degré : quand Mégéreweiler est apparue offciellement comme sa nouvelle favorite il y a 3 ou 4 ans, il clamait dans la presse people qu'il avait là "la femme de sa vie"...
Vraiment sympa pour Ségo à qui il a tout de même fait 4 marmots, à l'insu de son plein gré, probablement et as usual....

raimverd • il y a 6 années

Ce que vous montrez, cher Curmu, c'est qu'égalité est devenu un mot vague, manipulable à souhait, un mot valise/auberge espagnole.

Avec "égalité sociale" on atteint un sommet. (Voir Hayek La Présomption Fatale/Social Conceit - social = weasel word.

raimverd • il y a 6 années

Je viens de découvrir par hasard l'existence de Monsieur Eric Fassin alors qu'il donnait la réplique à Philippe Nemo.

EF est lourdement diplômé et titré.

En poursuivant je suis tombé sur un texte de EF sur le mariage, la PMA, où il parle d'égalité bien sûr. Pas lu, écrémé. Les premières lignes m'ont laissé incrédule:

"Quel(s) fondement(s) voulons-nous donner à la filiation ? Aucun ne s’impose naturellement ; le choix est politique. Car le droit ne reflète pas la vérité des choses, il la produit. C’est pourquoi il est absurde de l’accuser de mentir : le droit est une convention qui institue la réalité. Tout l’enjeu, proprement politique, est de trancher : quelle réalité voulons-nous ?"

Vous avez ien lu?

"le droit ne reflète pas la vérité des choses, il la produit... le droit ... institue la réalité"

Si ce n'est pas la racine du totalitarisme qu'est-ce que c'est?

Merci de me dire si je me trompe.

fboizard • il y a 6 années

«ourdement diplômé et titré» : en France, cela signifie, dans les sciences sociales, «cuistre grotesque aux idées à rebours du plus élémentaire bon sens». Pour comprendre, il suffit de voir qui délivre les diplômes.

«Quel(s) fondement(s) voulons-nous donner à la filiation ? Aucun ne s’impose naturellement.»

C'est avec des phrases comme celle-ci que ces fous dangereux gagnent le débat : c'est tellement absurde que tout homme de bien est sidéré et laisse tomber.

Philippe Nemo a bien du courage.

Les types comme Fassin, il ne faut pas discuter avec, il faut les priver de micro. C'est parce que notre société n'a pas eu le courage de se défendre, qu'elle a donné le même temps de parole (ou plus) aux Fassin qu'aux Nemo, aux fous et aux sains d'esprit, que nous en sommes où nous en sommes.

estienne • il y a 6 années

Un désir ancré et répandu en France : parvenir, autant que l'on peut, à vivre aux dépens de ses congénères. C'est ce que l'on appelle ici la passion de l'Egalité.